PROGRAMME DES STAGES 2012
pour apprendre à animer des ateliers
1. DESSIN-PEINTURE : Les principes de base
2. L'HISTOIRE DE L'ART comme point de départ
3. DE L'IMAGE AU TEXTE ET DU TEXTE A L'IMAGE
4. TRAVAUX MANUELS
5. ANIMER DES ATELIERS: L'animateur et le groupe
1. DESSIN - PEINTURE : les principes de base
Du lundi 20 au vendredi 24 août 2012
L’objectif de ce stage est de vous apporter les connaissances de base indispensables
pour animer un atelier dessin – peinture avec des enfants ou des adultes débutants,
ou presque débutants.
1. Au niveau de la grapho – motricité : expérimenter
et répertorier les différents types d’investissements corporels et les
différents gestes possibles, comprendre leur impact, savoir les susciter,
analyser les traces produites.
2. Qu'est-ce qu'un dessin juste ? Les différentes manières de représenter
utilisées spontanément par les enfants et les adultes débutants : gribouillis, réalisme
intellectuel, réalisme émotionnel, stéréotypes et apports culturels.
Faut–il, peut–on enseigner le dessin, comment, pourquoi, ou avons-nous chacun une vision personnelle?
Apprendre à reformuler une image.
3. De la "patouille" au travail des matières : expérimenter
de nombreuses techniques pour « peindre sans pinceaux » et leur imaginer
des applications en développant la créativité. Apprendre à inventer
une consigne, et à présenter un exercice : comment motiver.
4. Lors de la composition d’une image, les enjeux émotionnels
rejoignent certaines problématiques plastiques : comprendre ces liens
facilitera la création plastique et la structuration de l’individu.
Du « on » indifférencié au « nous » en passant par le « je » : trouver
et renforcer les limites de chaque objet , les faire cohabiter en établissant des
priorités et des relations.
5. Susciter et accompagner l'expression, développer la communication
Faut-il questionner le participant sur son œuvre, reformuler, interpréter ?
Le regard sur l’œuvre, les critères de jugement.
Reconnaître l’angoisse, créer la confiance. Pour chaque exercice, nous
alternerons expérimentation personnelle suivie d’une mise en commun et d’une
réflexion sur le public susceptible de tirer profit de ce type d’exercice.
2. L’HISTOIRE DE L'ART comme point de départ
Du lundi 27 au vendredi 31 août 2012
Depuis toujours, les humains créent des images et des mythes pour tenter d’apporter
des réponses aux grandes questions existentielles. Ainsi, parcourir l’histoire de l’art
à travers les millénaires et les continents est un moyen d’aborder des interrogations et
des émotions universelles.
Les réalisations du passé peuvent être considérées comme un réservoir de formes,
de gestes et de « mises en scène » dont on peut s’inspirer pour enrichir son propre
vocabulaire plastique (« faire à la manière de… ») : comment ? pourquoi ? la question du « modèle ».
Selon les civilisations, l’art a eu des fonctions très différentes. Nous chercherons à atteindre
un but similaire, même si la forme ou les moyens plastiques sont différents.
Nous réfléchirons donc au choix des références artistiques, et à leur impact au niveau émotionnel ou
éducatif : pourquoi et comment s’appuyer sur certains courants artistiques et pas sur d’autres.
- créer pour représenter par anticipation le succès d’une entreprise, pour ancrer du positif en soi
(la préhistoire, les arts premiers)
- mettre en scène l’effrayant (bestiaire mythologique et moyenâgeux)
- être réceptif face à la nature, accepter le changement et vivre l’instant présent (paysages
impressionnistes)
- être à l’écoute de ses sensations corporelles, développer une richesse gestuelle (art abstrait
lyrique gestuel)
- l’art pour éblouir, pour exposer la richesse et le pouvoir : comprendre ces mécanismes pour moins
se laisser séduire par la propagande et la publicité
- l’art comme détournement d’un interdit ou d’une incapacité : la calligraphie. Historiquement,
la calligraphie dans la civilisation musulmane est une réponse à l’interdiction de représenter le vivant.
Interdiction ou incapacité que ressentent beaucoup de participants dans nos ateliers. L’art de « la belle
écriture » est une autre manière d’accéder à la dimension symbolique.
- l’art pour comprendre le monde : les chamans ou les artistes de l’Egypte antique, le cubisme ou
le surréalisme, parmi d’autres, ont apporté des réponses différentes.
Nous verrons aussi comment l’outil, le matériau et le lieu influencent l’œuvre.
Pour chaque exercice, nous alternerons expérimentation personnelle suivie d’une mise en commun et d’une réflexion sur le public susceptible de tirer profit de ce type d’exercice.
3. DE L’IMAGE AU TEXTE ET DU TEXTE A L’IMAGE
Du lundi 10 au vendredi 14 septembre 2012
Il s’agit d’aider les « nuls en dessin » et les « nuls en écriture » à inventer images et textes
expressifs, pour que le plaisir ressenti dans ces ateliers puisse rayonner dans la vie en général,
et la vie scolaire en particulier.
Ce stage concerne ceux qui travaillent avec des enfants ou des adultes, sachant lire et écrire
de préférence, mais pas obligatoirement. Celui qui anime des ateliers d’écriture trouvera là des
outils pour « donner du corps » à l’écrit et susciter un lâcher–prise créatif. Celui qui anime
des ateliers d’ arts plastiques apprendra à donner une consigne en prenant appui sur le processus
au lieu de rechercher uniquement le résultat ; il apprendra à mieux faire vivre les personnages
dessinés ou modelés.
Nous travaillerons sur la charnière entre création d’images et émergence d’une parole (écrite ou orale)
car l’atelier d’écriture et l’atelier d’arts plastiques se fécondent mutuellement.
Pour dépasser les stéréotypes du dessin et de la pensée, donner du sens et du poids aux images
et aux mots, favoriser une distance juste par rapport aux émotions, et réconcilier le corps et
l’écrit, nous étudierons :
- Les différentes amorces (textes ou images) qui suscitent l’imaginaire et atténuent les inhibitions et ainsi :
- voir autrement les images ; casser le sens initial des lettres, mots et phrases, et les utiliser simplement pour leurs qualités graphiques et plastiques
- susciter les effets dus au hasard, les adopter ou les rejeter
- décrire un processus plastique : « ici et maintenant » comme point de départ
- transformer la difficulté (à dessiner ou à vivre) en levier pour l’imaginaire
- Le conte : pourquoi, comment, ses ingrédients. Partir de l’image et de ses hasards pour
inventer le héros et les rebondissements de sa quête.
- Des textes poétiques, fables et proverbes.
- La photo numérique et la photocopieuse pour favoriser la production d’images valorisantes.
Pour chaque exercice, nous alternerons expérimentation personnelle suivie d’une mise en commun et d’une réflexion sur le public susceptible de tirer profit de ce type d’exercice.
4. TRAVAUX MANUELS
Du lundi 14 au vendredi 18 octobre 2012
Ici, la part d’incertitude est moins grande qu’en peinture, et les travaux manuels pourront
parfois être un tremplin efficace, voire même indispensable, avant d’autres activités qui exigent
un investissement émotionnel plus grand.
Par ailleurs, un atelier de travaux manuels, qui oblige à se confronter avec les contraintes
incontournables de la matière, permet de « travailler » le rapport à la toute-puissance et les
liens entre intention, acte et conséquence.
Nous aborderons des techniques suffisamment simples pour que l’animateur
puisse les assimiler pendant le stage. Toutes les techniques choisies
laisseront une part importante de choix et de créativité à chaque participant
; il ne s’agira jamais d’appliquer uniquement une consigne pas à pas.
- A partir de tissus et de rubans : peinture sur soie, rayonne et coton,
tissages simples
- Assemblage et intégration d’objets, papier mâché, bandes plâtrées : sculptures, masques et marionnettes
- Diverses « patouilles » avec pâte à sel, sable ou sucre coloré, pour obtenir toutes sortes de
bas – reliefs
- A partir de carton d’emballage recyclé : maquettes, mini meubles, jouets
- Feu, fer à souder et petits montages électriques : bougies et bougeoirs, lampes, petits bijoux
- Gravure sur linoléum, plâtre.
Je veillerai toujours à replacer l’activité de travaux manuels dans une
perspective de développement global de la personne : le but est de comprendre
quelles techniques permettent de cadrer et de structurer, d’analyser celles
qui rassurent, qui dynamisent, celles qui favorisent la concentration ou
le lien avec les autres ou l’amélioration de l’image de soi…
Nous réfléchirons aussi à la destination de chaque réalisation (objet
utilitaire ou décoratif, cadeau, jouet…), aux limites de chaque technique,
et même à des éventuelles contre-indications.
5. ANIMER DES ATELIERS : l’animateur et le groupe
Du lundi 25 au vendredi 29 novembre 2012
Il est conseillé (mais non obligatoire) de suivre au moins l’un
des stages précédents avant celui ci. Dans ce stage, vous
manipulerez pinceaux, feutres, ciseaux et colle, mais le temps d’expérimentation
plastique sera moins long que dans les autres stages, pour laisser plus
de temps à la parole car l’investissement émotionnel
est en général plus fort.
Ce stage a pour but de faire réfléchir l’animateur
à son rôle, à travers des mises en situation
d’animation, suivies d’une analyse du vécu.
- Pourquoi développer la créativité et comment ?
Et quand favoriser l’application et la rigueur ?
- Quand être directif ? Comment donner une consigne ? Quel type
de consigne ? Comment motiver ?
- Quand être non-directif ? Comment être à l’écoute
du participant, l’aider à faire émerger sa parole,
à élaborer un projet qui soit réellement le sien
?
- Comment réagir quand le participant s'exprime au travers de son
œuvre ? Améliorer son écoute de l'émotion de
l'autre, répondre avec empathie, utiliser la fiction.
- Accompagner le cheminement, déceler les contradictions ou les
manques de cohérence, les reformuler ou non, les utiliser pour
explorer de nouvelles pistes
- Animer un travail de groupe : réfléchir à l’objectif,
choisir un exercice ou un projet
- La relation animateur – participant, l’atmosphère
de l’atelier, le groupe